dimanche 23 mai 2010

Petites causeries, anecdotes et autres souvenirs en compagnie de Dominique Spiessert.

(suite)

Du discernement.

Et je m’effraie. Je ne suis plus aussi sûr de m’appartenir. Quel modèle, désormais, s’impose à mes yeux mutilés par un monde condamné à la voracité de quelques uns, triomphants et couchés sur des magazines brillants et luxueux, l’exclusif pour tout message. Voici l’existence dans laquelle je surnage, mes opinions laissées pour compte dans un système où l’existence seule mérite d’être encensée ; l’existence réductrice du pouvoir et de la réussite matérielle.

A suivre...

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Du Blues... du Blues à New Blatt City.

Blatt Singer médite dans le taxi qui les mène, lui et les membres de son groupe, au Club 54 où ils doivent se produire ce soir.
" … foutu embouteillage… ça, pour être bloqué… on y sera jamais… j’imagine la tête de notre manager… trois mois qu’il bosse à plein sur cette soirée…et le tax’ qui lit le journal… "
Derrière lui Keithbla, Joblahn et Nblaick ne pipent pas mot mais on sent une atmosphère tendue. Un pétard tourne.
" Eh ! Tu pourrais nous faire la lecture au moins, s’impatiente soudain Blatt Singer en apostrophant le chauffeur.
– No problémo mon pote ! réponds l’invectivé avec un accent basané. Alors… qu’est-ce qu’il y a d’intéressant… ah oui, les Blues Blatters jouent ce soir au Fifty-Four.
– Non… sans blague… tu déconnes ou quoi ? s’étonne ouvertement le leader du groupe.
– Vous m’croyez pas ? Tenez, pleine billes en première page les lascars… mais d’où y sortent ces types là… on s’demande avec des tronches pareilles… "
Blatt Singer jette un œil à ses condisciples, attrape le pet’ au passage et arrache le journal du taxi.
" Fais voir ! Ah oui, en effet… qui c’est qu’à fait l’article… Bimbo Blatte… eh les mecs, visez un peu ça. "
Le journal passe derrière de main en main.
" D’enfer… Oaaah, le look de Blattos avec ses nouvelles lunettes… siffle Keithbla. – Ah ! s’esclaffe le taxi, des lunettes de gonzesses, oui, et z’avez vu son galure… grandguignolesque…
– T’en connais des mots, toi, lui rétorque Joblahn, et tu penses quoi du guitariste ?...
– Le chauve, là, avec un nez plat… attends, hé, c’est pas un guitariste, ça… avec un crâne en forme de table de ping-pong , c’est un pongiste… ah ah ah… et l’autre affreux, à côté, avec ses bigoudis… ridicule… sûrement pas un musico… plutôt une tantouze tout droit sortie d’un cabaret de travelos… ah oh ih… c’est pas des bluesers… mais des lousers… ah ah ah arghhh… "
Nblaick donne un méga coup de pompe dans le dossier du chauffeur qui allait s’étouffer. Ce dernier se cogne la tête dans le pavillon.
" Pov’ tart’… " lui décoche Blatt Singer en sortant du taxi et en claquant la portière. "C’est nous les Blues Blatters… et toi t’es le gros naze du siècle, et celui-ci commence tout juste, c’est dire… allez les keums, on s’bouge, on est à la bourre, on y va à pingos. "

mardi 18 mai 2010

lundi 10 mai 2010

Petites causeries avec Dominique Spiessert.

(Suite)

Du déni de la paix.

Aussi, par ce geste de l’esprit, à l’apparence sans conséquence, où le regard se pose sur ce qui l’entoure, comment ne pas souffrir de la laideur et de la haine, qui semblent aujourd’hui à elles seules s’accaparer les droits de l’espérance. Mais avant d’accuser qui que ce soit d’armer les Cavaliers de l’Apocalypse, je tente une introspection pour savoir si, au fond de moi, je ne serais pas avide de catastrophes et de la souffrance des autres, de peur d’être assoiffé de voir l’humanité troquer ses plus belles vérités contre les spectres agissant de la dénégation, et de les nourrir en mon sein.

A suivre...

vendredi 7 mai 2010

La révélation d'Ema Blatkhun

Par un bel après-midi, Ema Blatkhun et Bimbo Blatte faisaient les belles sur une terrasse de café devant un verre de Chablis, papotant avant de se rendre à un vernissage des œuvres de Dodo.

«… cette semaine je suis allé voir pour un taff à Blatt City, disait Ema.

– Cool ! Mais c’est pas la porte à côté.

– En fait c’est ma boîte qui m’a envoyée là-bas.

– Je croyais que tu étais licenciée !!!

– Je crois qu’ils cherchent à gagner du temps… ne te retourne pas… il y a un type qui n’arrête pas de nous mater.

– Où ça ?

– Derrière toi, à huit heures. »

Discrètement Bimbo Blatte ouvre son sac et en retire un petit miroir de poche. Elle fait mine de se rajuster un cil et jette un œil au passage dans la direction du type en question.

« Je le connais. Il a une librairie romantique près de la galerie où expose Dodo.

– Une librairie romantique… ça existe, ça ? Tu veux dire un pipe show.

– T’es conne… non, une librairie romantique… avec du Barblatte Cartland, si tu veux… et alors, ta boîte ?

– Ils m’ont tout payé, train, resto, etc. le grand jeu, quoi…

– Et après ?

– Ben tu sais, pour l’instant je suis payé à rien faire, alors…

– Tu ne vas pas pouvoir rester comme ça indéfiniment, je te connais.

– On verra… et toi, au Blatt Post, comment ça se passe ?... je crois que ton libraire en a après toi… il est plutôt pas mal.

– Je sais, il me drague à chaque fois qu’il me voit… trop lourd… j’aime pas du tout… il a osé me dire qu’il m’aimerait en ballerine… je trouve ça louche… au bureau… c’est bizarre… le rédac en chef est tout mielleux… ce n’est pas son habitude... bon, Ema, bon anniversaire. »

Bimbo Blatte pousse devant elle une enveloppe. Ema la regarde un instant puis, curieuse, la prend et l’ouvre.

« Qu’est-ce que c’est que cette invitation ? C’est une farce ?

– Je t’offre un chippendale et tu fais la fine bouche.

– Pour mon enterrement de vie de jeune fille, je veux bien, mais pour mon anniversaire, tu exagères.

– C’est pas demain la veille, alors.

– Et si quelqu’un avait demandé ma main. »

Bimbo allait dire une connerie mais, face à l’attitude on ne peut plus sérieuse d’Ema Blatkhun, elle hésita.

« Et si elle s’était trouvé la perle rare. » pensa-t-elle en cherchant à lire dans les pensées de son amie. Mais Ema ne la laissa pas plus longtemps sonder son âme.

« Philton m’a demandé en mariage. »

Bimbo Blatte, qui venait de poser ses lèvres sur le Chablis faillit le renverser.

« Quoi ! Tu vas épouser mon rédacteur en chef ! »

A ce moment là le type de la table d’à côté radine sa fraise et demande à Bimbo si elle se rend au vernissage. Prise d’un fou rire énorme elle éclate littéralement. Le pauvre type, vexé et déçu à la fois, s’en va, quelque peu gêné, ne sachant pas trop quoi penser.

« J’ai cru l’espace d’un instant qu’il allait me demander de danser. »

vendredi 30 avril 2010

Nouvelles de la Blattosphère.

En direct de la blattosphère, notre envoyée spéciale, Bimbo Blatte.

Bimbo Blatte, pour elle-même :
"Blattosphère ! Blattosphère ! Faut oser blasphémer, mais les Teublas c'est tous les mêmes. Voilà deux heures que j'attends Philton et Dodo, mon dictaphone à la main. Quatre mille kilomètres, dix-sept heures de voyage, et me voilà comme une andouille en plein milieu de la pampa entourée d'une ribambelle de mômes. Trente-cinq à l'ombre et je vous parle même pas du chapeau de paille que j'ai dégoté. Le premier qui rit... Un endroit classe, qu'ils m'ont dit. Et moi j'assure les talons et la mini pour faire jolie. De la terre et des poules et des ânes, merci les copains. "
Son portable sonne.
D'ailleurs son portable sonne tout le temps. Sonnerie genre mélodrame techno.
"Bimbo ! C'est Dodo... - Eh... vous faîtes quoi, vous êtes où ? C'est plein de guérilleros par ici... - Oui, mais ce sont nos amis. Tu le veux ton article, oui ou non ? - Bien sûr, mais à quel prix. C'est la dernière fois que je vous fais confiance à tous les deux. Philton est là ? - Il est à la taverne. Il fait monter les enchères. - Quelles enchères ? - Il a parié que tu buvais la tequila plus vite et en plus grande quantité que n'importe lequel de ces guérilleros. Amène-toi, on voudrait bien voir ça."

dimanche 25 avril 2010

Simpleblatt fut très étonné de s'apercevoir qu'avec une bonne poussée des pattes, combinée au déploiement des ailes, il pouvait voler !

lundi 15 mars 2010

Bimbo Blatte à la campagne.

Quelle belle journée. Congé. Fini les articles en urgence, les comités de rédaction de "The Blatte Post" enfumés, les missions impossibles à l'autre bout du monde, les stars à interviewer dans des voitures VIP au luxe tapageur, fini les réunions politiques ennuyeuses d'où rien ne sort, terminé les voyages au bout du monde, oubliés les collègues, les sandwiches avalés au lance-pierre, les cafés sans fin et sans fond jusqu'à pas d'heure devant ma machine à écrire...
Ici au moins je respire et...
"..." (Son d'un portable). Sur l'écran apparaît le nom de Philton, rédacteur en chef de "The Blatte Post".
"Ah... Bimbo... Je te cherchais partout. Il me fait un article sur Dodo le plus vite possible. Il est actuellement à Porto Allegre au Brésil pour peindre le plus grand mural du monde. Tu couvres ou j'envoie quelqu'un d'autre ? - Je couvre ! - Bon, ton avion décolle dans deux heures, ça ira ? - Ca ira. - Très bien. Et ces vacances ? - Tu sais bien que j'ai horreur des vacances."

vendredi 12 mars 2010

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Blattosport prépa gravure

Blattosport trouvait un malin plaisir
à fumer après son entrainement.

Blattymore prépa gravure

Blattymore gravit prestement les premières
marches qui menaient à la chambre de bonne.

Bimbo Blatte et le trésor de Toutenblathon

Le Caire, mars 2010.
Hôtel Réal, chambre 229.

Devant son miroir Bimbo Blatte se maquille.
Doux fard, longs cils noirs, trait bleu sous les yeux, lèvres roses, sourire enjôleur de celle qui veut en savoir plus, notre envoyée spéciale par "The Blatte Post" est sur le pied de guerre.
Dernière touche, une robe légère et seyante, un collier de strass rose et bleu assorti à son maquillage et une paire d'escarpins souple et confortable.
Sur la commode de sa chambre un simple dictaphone, un crayon et un bloc-note. Dans son sac un vaporisateur d'eau fraîche et des kleenex, un peu de monnaie et un petit miroir de poche.
Fin prête Bimbo Blatte prend le temps d'une cigarette sur la terrasse. Un jour intense innonde la ville, déjà bruyante à cette heure.
"Un petit tour à la réception pour prendre la température de l'hôtel et ensuite direction le musée. Un vol y a été commis, le trésor de Toutenblathon à disparu. Je parierais gros que c'est un coup des célèbres Philton et Dodo. Avec un peu de chance je les retrouverais au bistro du coin avec leur larçin, et je saurai les faire parler, foi de Bimbo Blatte. Mais avant je vais filer un petit coup de fil à Ema Blatkhun, peut-être en saura-t-elle un peu plus sur cette affaire."

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samedi 10 octobre 2009

vendredi 18 septembre 2009

vendredi 11 septembre 2009

lundi 7 septembre 2009

Petites causeries...

Anecdotes et autres souvenirs
en compagnie de Dominique Spiessert, peintre.


Au lecteur.


Le lecteur passant par Tours pourrait s’intéresser plus facilement à une chronique ou un essai concernant une figure reconnue, revue et corrigée par une édition nationale.

Comment lui en vouloir, pourvu qu’il ne juge pas ces quelques lignes indignes d’intérêt sous prétexte qu’elles concernent une réalité décentrée.

Car il serait dommage qu’il passe à côté des trésors de nos cités de Province où, dans l’heure intime du jour, des œuvres de bel augure se font patiemment à l’ombre des illusions médiatiques.

Sans vouloir prendre en otage un artiste pour lequel j’ai de l’admiration et une grande amitié, j’inviterai également mon lecteur à quelques moments personnels, presque autobiographiques, même si ceux-ci lui paraîtront lointains sans les repères de la renommée.

Parce que c’est à partir du vécu que je puis le conduire, tel un guide dans un monument, sur les traces d’une silencieuse et discrète personnalité, à travers quelques petites causeries et anecdotes, parmi quelques souvenirs, à une rencontre avec Dominique Spiessert, seul désormais, après Max Ernst, Alexandre Calder et Olivier Debré, à faire vibrer la Touraine de la présence d’un grand artiste.


***


Contemporanéité.

Le simple fait de vivre parmi des hommes et des femmes et d’appartenir au même présent, alors que d’autres ne nous laissent plus que les empruntes de leur passage, me laisse particulièrement méditatif. En interrogeant l’Histoire je remarque que les personnalités dont j’aurais aimé être proche, et donc contemporain, sont en général des artistes, et plus précisément des peintres. En effet, par leur existence, par ce qu’ils nous ont laissé, ils exercent sur moi une telle fascination que j’ai maintes fois tenté d’en comprendre la raison. Aussi ai-je souvent cherché, à travers leurs œuvres, leurs écrits ou leur correspondance, le pourquoi de cette admiration. Attendrai-je d’eux un transfert spirituel, auquel je me soumettrais dans l’attente possible et espérée de quelques révélations ? Cette raison me conviendrait mais encore faut-il que je sois en état de recevoir lorsque la beauté daigne passer devant mon champ de vision. Car j’ai trop souvent l’impression d’être aveuglé par une ineffable inconsistance, dont j’accable notre époque déraisonnable, me trouvant sans cesse rejeté loin des rives poissonneuses des sources vives vers lesquelles je tente éperdument de tendre mes filets. Aussi, empêtré entre deux rivages, je feins de croire, m’abandonnant à un inconscient vampirique, que le tout est achevé et qu’il n’y a plus rien à retrancher ni à ajouter, me contentant de ce qui est, tel un spectateur désabusé devant un spectacle ennuyeux.

A suivre...

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mardi 1 septembre 2009

vendredi 21 août 2009

vendredi 14 août 2009

mercredi 12 août 2009

mardi 11 août 2009

merci pour ton image

bigblat'

lundi 10 août 2009

BL 5

dimanche 9 août 2009

samedi 8 août 2009

vendredi 7 août 2009